Mobilisation en ligne contre les ventes d’armes européennes dans la guerre au Yémen

25 03 2020

ASER_HD

 

Il y a aujourd’hui 5 ans, dans la nuit du 26 mars 2015, à l’appel de Abdrabbo Mansour Hadi président pourtant démissionnaire du Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis déclenchait une intervention militaire au Yémen.

Une guerre alimentée en continue par les armes vendues en violation du Traité sur le Commerce des Armes des Nations Unies, principalement par l’Allemagne, la Belgique, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie et l’Espagne. Entre 2015 et 2018,, les gouvernements de l’Union européenne (UE) ont ainsi autorisé des transferts d’armes pour plus de 95 milliards d’euros à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis.

Ces ventes d’armes participent et/ou facilitent les crimes de guerre, voir les crimes contre l’humanité contre la population civile. Cette « guerre occultée » au Yémen est à l’origine de plus de 230 000 morts selon les estimations du Programme des Nations Unis pour le Développement[1] fin 2019.

Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER) et un large groupe de militants et d’ONG de 10 pays de l’UE continuent d’exiger la suspension des ventes d’armes par les gouvernements responsables de la souffrance des Yéménites[2].

 Tous appellent aujourd’hui pour cette date anniversaire, à une mobilisation de tous les citoyens européens sur les réseaux sociaux. Postez une photo accompagnée d’un message type pour dénoncer ces transferts d’armes illégaux[3].

ASER est membre du Réseau d’Action International sur les Armes Légères (RAIAL), ASER a le statut consultatif spécial ECOSOC aux Nations Unies

 

[1] https://www.arabstates.undp.org/content/rbas/en/home/library/crisis-response0/assessing-the-impact-of-war-on-development-in-yemen-.html

[2] ASER et 6 autres ONG ont déposé une requête au Conseil d’État en 2019 : https://aser-asso.org/wp-content/uploads/2019/11/Requ%C3%AAte-sommaire_Conseil-dEtat-ASER19-novembre-2019.pdf

[3] https://aser-asso.org/tout-est-lie-arreter-les-ventes-darmes-illegales-cest-preserver-notre-humanite/





Tout est lié ! Arrêter les ventes d’armes illégales c’est préserver notre Humanité

20 03 2020

Photo rapport Mwatana 2020

A l’heure où la situation sanitaire mondiale rentre dans une nouvelle phase d’urgence, il est important de rappeler que, à la suite de l’épidémie du SRAS de 2003 qui a touché la Chine, le sud-est asiatique et le Canada, les financements de la recherche sur les coronavirus qui avaient été lancées avec le soutien de l’Union européenne, ont diminué durant les années suivantes lorsque la communauté internationale constata que l’épidémie restait circonscrite à quelques pays[1]. La recherche ne semblait plus pertinente ni rentable et la crise de 2008 a eu raison des dernières résistances des chercheurs lanceurs d’alerte…

Une décision politique dont on a le sentiment que les principaux médias ont sagement relayé ce constat que les États n’avaient pas les moyens de financer une recherche médicale sans fin[2].

Le bon sens aurait pu alerter les autorités françaises et mettre en avant le principe de précaution face aux risques pandémiques ainsi que le respect des droits fondamentaux comme les droits économiques, sociaux et culturels.

Au lieu de cela et au détriment des budgets pour la recherche fondamentale, les gouvernements de l’Union européenne ont décidé, dès 2014, de financer la recherche sur les armes et les technologies militaires[3]. Commençant modestement à 1,5 millions d’euro, le financement prend son envol pour les années 2017-2020 à près de 3,6 milliards d’euro.  Le budget prévisionnel pour la période 2020-2027 dépasse les 48 milliards d’euro…

Dans le même temps les gouvernements français justifiaient, notamment, leurs ventes d‘armes aux pays de la coalition en guerre au Yémen comme l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis comme un pourvoyeur d’emploi pour la France[4]…. Une guerre dont le dramatique bilan, avec ses crimes de guerre et ses plus de 230 000 morts, n’arrête pas de croître. Les attaques contre le système de santé apparaissent comme répétées et méthodiques[5].

Il n’en a rien été et les gouvernements successifs continuent leurs courses folles de donneurs de leçons irresponsables peu enclin à l’apprentissage.

Essayons de terminer par une bonne nouvelle, « grâce » à l’épidémie du coronavirus les exportations d’armes sont suspendues pour cause d’absence de douaniers ! Faisons en sorte que cette suspension s’inscrive dans le temps. Sans armes – dont les munitions – les solutions politiques ont plus de chance de convaincre les parties au conflit.

Demandons un débat d’urgence sur les ventes d’armes de notre pays !

 

[1]https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/coronavirus-le-temps-perdu-de-la-recherche-depuis-le-sras_142112 ; https://universiteouverte.org/2020/03/04/coronavirus-la-science-ne-marche-pas-dans-lurgence/

[2] https://www.franceinter.fr/monde/au-fait-comment-s-est-terminee-l-epidemie-de-sras-en-2003 Selon les estimations de l’OMS, l’épidémie de SRAS aurait coûté quelque 41 milliards d’euros. Un chiffre qui inclut la chute des revenus touristiques (-80% en Chine), ainsi qu’un manque à gagner de l’ordre de 50% pour les compagnies aériennes, les restaurants, les agences de tourisme et les chauffeurs de taxis.

[3] http://enaat.org/wp-content/uploads/2019/05/ENAAT-Defence-Fund-flyer-FR.pdf

[4] https://www.challenges.fr/finance-et-marche/france-30-000-emplois-nouveaux-grace-aux-ventes-d-armes-le-drian_93689

[5] Rapport ONG Mwatana & Physicians for Human Rights mars 2020 : https://mwatana.org/en/i-ripped-iv-out-of-my-arm/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=-i-ripped-the-iv-out-and-started-running-attacks-on-health-care-in-yemen_45

It’s all connected! Stopping the sale of illegal arms is to preserve our humanity…

As the global health situation enters a new emergency phase, it is important to recall that following the 2003 SARS outbreak in China, South-East Asia and Canada, funding for coronavirus research, which had been initiated with the support of the European Union, declined in the following years when the international community realized that the epidemic remained confined to a few countries. Research no longer seemed to be relevant or cost-effective and the crisis of 2008 overcame the latest resistance from whistleblower researchers .
A political decision which one has the feeling that the main media wisely relayed the observation that the States did not have the means to finance endless medical research.

Common sense could have alerted the French authorities and highlighted the precautionary principle in the face of pandemic risks as well as respect for fundamental rights such as economic, social and cultural rights.

Instead, and to the detriment of budgets for basic research, the governments of the European Union have decided, as of 2014, to fund research on weapons and military technologies. Starting modestly at EUR 1.5 million, funding for the years 2017-2020 will take off at almost EUR 3.6 billion. The provisional budget for the period 2020-2027 exceeds 48 billion euros .

At the same time, French governments justified, among other things, their arms sales to the coalition countries at war with Yemen such as Saudi Arabia, Egypt, the United Arab Emirates as a source of employment for France … A war whose dramatic toll, with its war crimes and more than 230,000 deaths, continues to grow. Attacks on the health system appear to be repeated and methodical .

This has not been the case and successive governments continue their mad rush of irresponsible, unprincipled lesson-givers.

Let’s try to end with some good news, « thanks » to the coronavirus epidemic arms exports are suspended because of the absence of customs officers! Let’s make this suspension sustainable. Without weapons – including ammunition – political solutions have a better chance of convincing the parties to the conflict.
Let us call for an urgent debate on our country’s arms sales!

 





LANCEUR D’ALERTE MENACÉ PAR LES SERVICES SECRETS

10 03 2020





Yémen : «Un conflit ne s’arrête pas quand les armes continuent d’affluer»

4 03 2020





Manifestation ASER Cherbourg 06 Fev 2020

14 02 2020

Après avoir déposé un référé liberté au Tribunal administratif de Paris pour empêcher le transit et chargement du cargo « Bahri Yanbu », Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER) s’est rendue à la manifestations le port organisée par la CGT réunissant les syndicats et associations Cherbourgeoises et Stop Fuelling War. Pour plus d’information: rdv sur le notre site Internet: http://www.aser-asso.org 





NON AU CARGO DE LA HONTE À CHERBOURG

7 02 2020

 

Le 6 février 2020, 7 ONG ont déposé un référé pour empêcher le transit du cargo saoudien Bahri Yanbu par le port français de Cherbourg, en raison de sa cargaison d’armes et de celles qu’il viendrait charger à son bord. .

Le cargo Bahri Yanbu, de la compagnie nationale saoudienne de transport maritime, Bahri, doit entrer aujourd’hui dans le port français de Cherbourg. Il transporte à son bord des armes et s’apprêterait à en charger de nouvelles fabriquées dans l’Hexagone. Son simple transit constitue en soi une violation patente des engagements internationaux de la France.

Les ONG Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER), Action des Chrétiens pour l’abolition de la Torture (ACAT), Action Contre la Faim (ACF), Médecins du monde (MDM), Salam4Yemen, Sherpa et Stop Fuelling War ont donc déposé un référé pour empêcher le transit du Bahri Yanbu pour violation des articles 2[1] et 6[2] du traité sur le commerce des armes (TCA), signé et ratifié par la France.

Elles appellent également à la mobilisation et au rassemblement à Cherbourg, afin d’empêcher le cargo Bahri Yanbu de transiter par ce port. En protégeant les droits fondamentaux des Yéménites, c’est aussi nos propres droits que nous protégeons.

L’urgence de la situation au Yémen est relevée notamment par le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui estime le nombre de morts à plus de 230 000  fin 2019, dont plus de 140 000 enfants de moins de 5 ans fin 2019[3].

Au moment où un plan de paix des Nations Unies peine à avancer et malgré ces informations connues par le gouvernement français, celui-ci n’a pas cessé ses exportations d’armes vers les pays de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – dont font principalement partie le Bahreïn, l’Egypte, le Koweït et le Soudan. Cette attitude entraîne un risque majeur de complicité de crimes de guerre pour notre pays[4].

 

Contacts :

ASER : Benoît Muracciole, +33 (0)7 72 33 40 45

ACAT-France : Barthélemy Dioh, +33 (0)1 40 40 74 10

[1] § 2 « les activités de commerce international englobent     l’exportation, l’importation,  le transit, le transbordement et le courtage, ci-après    dénommées       « transfert » ».  

[2] § 2 «Aucun État Partie ne doit autoriser le transfert d’armes classiques visées par l’article 2 (1) ou de tout autre bien visé par les articles 3 ou 4 qui violerait ses obligations internationales, résultant des accords internationaux pertinents auxquels il est partie, en particulier celles relatives au transfert international ou au trafic illicite d’armes classiques».

[3] http://www.arabstates.undp.org/content/rbas/en/home/library/crisis-response0/assessing-the-impact-of-war-on-development-in-yemen-.html

[4] Articles 16, 40, 41 de la Commission du droit international des Nations Unies décembre 2001.





Mais que vient faire ce bateau à Cherbourg ? Il complète une cargaison servant à faire la guerre au peuple Yéménite !

4 02 2020

 

Communiqué ONGS Bahri Yanbu fev 2020