La mort de Stéphane Hessel, un grand défenseur des droits de l’Homme

28 02 2013

S H

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 28  février 2013

 

 

La mort de Stéphane Hessel, un grand défenseur des droits de l’Homme 

L’association Action Sécurité Ethique Républicaine (ASER), dont le principal objet est le respect des droits de l’Homme dans les transferts d’armes et le maintien de l’ordre dans le monde, éprouve un fort sentiment de tristesse et se sent orpheline après le décès de Stéphane Hessel.

Toutes les organisations non gouvernementales qui se battent aujourd’hui pour le respect des droits de l’Homme, en France et partout dans le monde, doivent beaucoup à son engagement exemplaire.

En poste au secrétariat général des Nations unies, Stéphane Hessel, même s’il ne participa pas à l’élaboration de la déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948 comme nous l’avions écris*, fut un des fervent défenseur des droits de l’Homme. Avec son livre « Indignez-vous ! », il a su montrer combien les droits économiques, sociaux et culturels étaient partie intégrante des droits de l’Homme. Son combat incessant pour le respect du droit international, notamment dans le conflit israélo-palestinien, a fait de Stéphane Hessel un symbole de la dignité auquel ASER rend hommage, avec humilité.

Contacts:

Pour plus d’information, joindre Stéphane Muracciole : +336 99 75 41 80

Vous pouvez aussi consulter le site http://aser-asso.org/index.php

 ASER est membre du Réseau d’Action International sur les Armes Légères

ASER est accrédité ECOSOC Civil Society Network aux Nations unies

* Nous n’avions pas recoupé nos sources, merci à Renée Moizan du Réseau Foi et Justice Afrique Europe

Publicités




Quelques éléments de réflexion sur le contrôle des transferts d’armes classiques et l’usage de la force.

23 02 2013
Véhicule Blindé Léger MK2 Panhard vraissemblablement utilisé par les troupes françaises au Mali. Photo Benoît Muracciole

Véhicule Blindé Léger MK2 Panhard vraissemblablement utilisé par les troupes françaises au Mali. Photo Benoît Muracciole

Presque toutes les interventions militaires depuis la fin de la seconde guerre mondiale ont posé la question de l’efficacité de la puissance militaire face aux résistances nationales. La Corée, le Vietnam, l’Irak ont été des défaites pour les pays occidentaux engagés et encore plus pour les droits de l’Homme. Mais c’est sans doute avec l’Afghanistan que le paradigme puissance technologique + coalition militaire et contrôle d’un pays, voire même d’une partie du pays, s’effondre. Face à une des plus importantes coalition militaire mondiale, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale en terme technologique et soldatesque[1], peu de gens doutent aujourd’hui de la victoire prochaine des Talibans et de leurs alliés[2]. La résistance de ces groupes armés afghans semble avoir marqué la fin de l’histoire de ces interventions.

L’intervention de l’Otan en Lybie appartient également à cette même famille. Depuis que les Etats de la région et les occidentaux ont abandonné ce pays, la Lybie continue de connaître des affrontements entre milices, et un niveau d’insécurité en matière de droits de l’Homme très élevé[3]. Ce pays a disparu des écrans des médias occidentaux et de ses icônes mondaines, pourtant il était à prévoir que les armes livrées avant la chute de Kadhafi continuent d’avoir un impact destructeur sur la région.  En effet, les transferts d’armes de l’Union Européenne en direction de la Lybie s’élevaient à plus de 73 millions € pour les années 2006 à 2008[4], et à plus de 270 millions € pour 2009-2010[5]. Le matériel de guerre exporté allant des armes légères et de petits calibres avec leurs munitions – dont les missiles sol air – jusqu’aux avions à usage militaire ainsi que des matériels de mesures et de contre mesures[6]. La France signa même un accord de coopération dans le domaine de la défense et du partenariat industriel de défense avec Kadhafi en 2007[7].

L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l’Espagne, La France, la Grande Bretagne, la Grèce, l’Italie, Malte, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la Slovaquie ont exporté du matériel de guerre. C’est par une interprétation pour le moins souple du critère 2 de la Position Commune de l’Union Européenne des exportations d’armes que ces transferts ont été autorisés. Pourtant est inscrit dans son deuxième critère :

«  le respect des droits de l’homme dans le pays de destination finale et le respect du droit humanitaire international par ce pays…»[8]

La Chine, les Etats Unis[9] et la Russie[10], ont également participé à la fête sans plus se poser de questions sur le devenir de ces armes.

Pourtant, dès 2007, nous avions alerté les autorités françaises sur les risques d’usage de ces transferts d’armes classiques[11] en matière de graves violations des droits de l’Homme. Nous avions écrit une lettre au Président Sarkozy et publié un communiqué de Presse faisant part de nos préoccupations[12]. Nous n’avions alors pas imaginé le renversement du « guide de la révolution », mais plutôt un risque manifeste que ces armes puissent être re-transférées en direction de groupes armés peu respectueux des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Nous n’étions malheureusement pas loin de la réalité puisque se sont ces mêmes armes qui se retrouvent sans contrôle entre les mains de trafiquants ou/et de djihadistes radicaux.

Nous ne connaissons pas la quantité et la qualité des armes livrées depuis le début de la révolution aux libyens qui ont renversé le régime de Kadhafi. Il serait cependant intéressant de savoir si ces armes ont été dument répertoriées avant leur livraison, afin de voir si là encore, elles ont été utilisées ou ont facilité de graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire[13].

Ce sont donc ces éléments connus, et que nous avions déjà évoqués ici, qui auraient  du alerter les pays exportateurs, les rassembler dans une récupération effective des armes livrées. C’est en cela que le traité sur le commerce des armes peut apporter une lecture plus responsable des « risques prédominants» de l’usage de ces armes dans la délivrance des autorisations d’exportation. Car si la cause du conflit malien revêt de multiples facteurs, l’armement de ces groupes armés[14] a permis leur entrée en action et une efficacité militaire autrement impossible.

L’intervention militaire au Mali :

Après la prise de nombreuses villes du nord du pays par des groupes djihadistes radicaux[15] – et profitant du premier coup d’Etat du Capitaine Sanogo à Bamako[16] – la situation de cette région du Mali est passée de l’oubli à la lumière :

–       De l’oubli, car malgré les promesses répétées de la capitale Bamako, cette zone du pays a été laissée aux trafiques en tous genres. Quelques officiers de l’armée malienne en ont profité au détriment d’une population plongée dans la misère.

–        A la lumière, une lumière crue sur ces groupes armés, pas proprement inspirés par la déclaration universelle des droits de l’Homme[17]. Puis sur la misère de la population – notamment songhaïs, touaregs et arabes – qui luttaient pour faire face à l’absence d’un quelconque développement économique et social de cette partie nord du pays.

Mais la situation est bien loin d’être aussi simple car ce pays connaît depuis quelques années un immobilisme politique important. Avec une  jeunesse qui est pratiquement interdite de prise de responsabilités, et un pouvoir vieillissant et attaché au statut quo décrit plus haut, le terrain était aussi fertile à toute pression de l’intérieur : Deux coups d’Etat en quelques mois.

C’est donc dans cet « état » du Mali que les forces armées françaises ont repoussé les groupes djihadistes radicaux hors des principales villes du nord. L’occasion était belle de chasser les méchants groupes djihadistes radicaux bien armés[18] aux motivations pour le moins diverses – pour protéger les bons,  la population malienne.

Et comme dans les premiers jours des interventions militaires extérieures l’action est pour le moment efficace, tant sur le plan militaire que médiatique[19], les opinions publiques dans leurs majorités suivent. Les exécutions extrajudiciaires de l’armée malienne n’ont pas encore entamé ce crédit[20], ni l’arrivée de l’armée tchadienne, dont on ne peut pas dire qu’elle soit un exemple de respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire[21].

Face au soulagement d’une partie de l’opinion publique française et de la population  malienne, il reste un certain nombre de questions à poser :

Quelle est la légitimité de l’intervention de la France sur le plan du droit international ?

Quel est la légitimité du pouvoir malien aujourd’hui ?

Quel signe politique est donné aux citoyens maliens sur la capacité de leurs autorités à défendre les droits de l’Homme ?

Quels sont les intérêts que la France est venue défendre[22] ?

Que restera-t-il de cette intervention quand les militaires français vont repartir du pays ?

Quelles seront les avancées en terme de droits de l’Homme – dont les droits économiques, sociaux et culturels – pour les citoyens maliens et les citoyens de la sous région ?

Benoît Muracciole


[1] On a compté au plus fort de l’opération de l’Otan environ 140 000 militaires et 185 000 soldats de l’Armée Nationale Afghane.

[2] Il est bien difficile de trouver des études sur les forces en présence, il y aurait à une coalition d’environ 20 000 Talibans plus des forces alliées opportunistes comme celles du Hezb-e islami de Gulbuddin Hekmatyar

[3] http://www.hrw.org/news/2012/11/16/libya-new-government-should-end-illegal-detention et courrier international du 7 au 13 février « Les Toubous, étranger dans leur propre pays ».

[4] Les chiffres des livraisons d’armes sont difficiles à trouver car peu de pays sont techniquement capables de les produire. Dans les champions il y a la Grande Bretagne qui ignore précisément les armes classiques livrées et ne déclare donc que les commandes. Celles si ne sont pourtant pas systématiquement livrée dans la même année. A part pour la France, qui s’approche le plus du réel des livraisons, le rapport européen donne des chiffres qui sont donc sujet à caution, il s’agit donc de sommes minimum : 738 771€ en 2006, 17 623 958€ en 2007 et 54 983 432 € en 2008 voir :

[5] 173 947 508€ en 2009 et 100 871 872€ en 2010. En 2011 seule la France à déclaré pour 87 307 350 € de livraison d’armes, mais celles ci ont été en partie bloquées dès février 2011, on ne sait pas ce qu’est devenu le reliquat.

[11] J’étais alors responsable de la campagne « Contrôlez les armes » à Amnesty International France,

[12] 12 décembre 2007 SF07M115 27° bulletin de la commission armes du 29 décembre 2007

[13] En juin 2011, ASER, Omega et PRIO ont écrit au ministère des affaires étrangères sur les types d’armes livrées ainsi que de leur immatriculation et nous n’avons toujours pas reçu, à ce jour, de réponse.

[14] Il est maintenant acquis que ces groupes ont été également soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar, pays avec lesquels la France a de nombreuses relations commerciales notamment dans l’armement. Canard Enchaîné du 30 janvier 2013 et http://global-security-news.com/2012/07/03/islamists-in-mali-funding-and-ideological-ratlines-linking-saudi-arabia-and-qatar/ , http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130123161803/

[15] Le mouvement national de la libération de l’Azawad (MNLA) n’est pas d’obédience djihadiste radicale et a été très vite marginalisé puis expulsé de cette coalition hétéroclite. Nous n’utiliserons pas le terme « islamiste » qui regroupe tout et n’importe quoi et qui apparaît comme une fois encore jeter l’opprobre sur les croyants de la religion musulmane. Il est surprenant de voir Amnesty International et Human Right Watch faire aussi ce type de confusion.

[16] Qui fustigeait Amani Toumani Toure de ne pas donner les moyens à l’armée de se défendre. A ma connaissance et à ce jour, le Capitaine Sanogo n’a pas encore été aperçu sur les lignes de front pour participer à la « libération » du nord du Mali. Voir : http://africamix.blog.lemonde.fr/2013/02/16/mali-le-capitaine-sanogo-a-enfin-du-boulot/

[17] Comme le montre le rapport d’Amnesty International : Mali : premier bilan de la situation des droits humains après trois semaines de combat : http://www.amnesty.org/fr/library/info/POL10/001/2012/fr

[18] Ansar Dine, le mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique  (Mujao), Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI)…

[19] Peu de journaux ont relayé l’information d’Amnesty International sur les civils tués lors d’une attaque aérienne sur la ville de Konna le 11 janvier 2013 : http://www.amnesty.org/fr/library/info/POL10/001/2012/fr

[22] Dont au moins les mines d’Uranium du Niger exploité par Areva…





Zero Dark Thirty ou Zero mensonge ?

7 02 2013

Abou ghraib

Le film de Kathryn Bigelow raconte donc, dans une réalisation efficace, la traque et l’exécution extrajudiciaire de l’ancien supplétif de la CIA[1] : Oussama Ben Laden. Le film montre comment, notamment grâce à l’utilisation de la torture, son messager Abou Ahmed finit par être identifié et ainsi mener la CIA à la cache du dit Ben Laden. Le scénariste, la réalisatrice et le producteur n’ont pas souhaité alerter les spectateurs sur l’aspect controversé de leur thèse malgré ce qui leur avait été demandé[2].

Les réactions de politiques et d’analystes des renseignements à cette présentation de l’information ont été rapides et importantes. Nombreuses sont celles qui contredisent la véracité de la version présentée par le film[3].  Il nous semble donc intéressant de revoir leurs arguments pour tenter de démêler les fils d’un film qui pourrait rappeler la période où certains réalisateurs se laissaient entraîner dans des actions de propagande cinématographique[4].

Un des premiers Sénateurs importants à intervenir sur la question de la torture et de son efficacité dans la traque de Ben Laden fut sans doute John McCain[5]. Dans une déclaration du 12 mai 2011, il cite Leon Panetta, alors directeur de la CIA, qui lui répondait sur cette question :

«  La piste de Ben Laden n’a pas été trouvée grâce à une information de Khalid Sheikh Mohammed, qui a été « waterboarding[6] » 183 fois… en fait il n’y a pas eu d’information fiable obtenue grâce à  des méthodes d’interrogations renforcées… ». Dans sa réponse, Leon Panetta va plus même loin: « … en fait les informations obtenues par ces techniques auprès de Khalid Sheikh Mohammed étaient fausses et trompeuses ».

Ray McGovern, un ancien analyste de la CIA est encore plus  définitif : « la torture ne marche jamais… l’histoire montre qu’une bonne information ne vient jamais de techniques d’interrogatoires violentes »[7].

Du coup, peut être à cause de l’approche de la remise des oscars[8], les interventions dans les médias  de la réalisatrice et du scénariste se sont multipliées. Dans les arguments principaux servis il y a le choix bien sûr qu’ils ont fait de : «  montrer la réalité sans prendre parti[9] ». Et Bigelow ajoute : « Je pense qu’il a été trouvé grâce à un ingénieux travail d’investigation. Mais la torture, comme nous le savons tous, a été employée durant les premières années de la traque. Cela ne veut pas dire que cela a été la clé. Cela veut dire que c’est une partie de l’histoire que nous ne pouvons pas ignorer » ce que plus grand monde ne conteste aux Etats Unis[10].

Mais disant cela Bigelow ne dit plus la même chose que dans son film et c’est cette accumulation de messages à peine contradictoires qui donnent l’impression de quelque chose qui pourrait s’apparenter à de la manipulation. Il est encore très facile pour la production de mettre un avertissement au début du film pour préciser qu’il ne s’agit que d’une fiction ou simplement avertir le spectateur que la version présentée est contestée.

Finalement, Katrhyn Bigelow nous affirme qu’elle ne prend pas partie et qu’elle souhaite faire prendre conscience de l’utilisation de la torture. Déclaration non seulement louable mais qui pourrait montrer son engagement dans la recherche de la vérité. Pour cela nous lui suggérons de rappeler que dans l’article 7 de la Cour Pénale Internationale, la torture est un crime contre l’humanité[11]. Et de préciser également qu’il n’y pas de prescription pour de tels crimes. Elle pourra ainsi répondre à ceux qui ne souhaitent pas voir de poursuites judicaires pour les responsables de tels actes ainsi que pour les donneurs d’ordres[12].

Enfin, le 4 février dernier, cette fois avec le titre supplémentaire d’ancien secrétaire d’Etat à la défense, Leon Panetta affirme que la plus grande partie des renseignements qui ont permis de débusquer Ben Laden ne viennent pas des interrogatoires où « cette tactique » avait été utilisée et qu’elle n’était pas nécessaire dans le renseignement[13]. Ce qui n’est plus tout à fait la même déclaration faite à John McCain en mai 2011.

Après la décision du Président des Etats Unis d’interdire la torture en 2009, il nous reste au moins trois questions sur les intentions du film :

Existe-t-il dans la projection politique future des tenants de ces « techniques » une intention d’autoriser à nouveau la torture, en cas de retour des Républicains, au point d’avoir manipulé l’équipe du film ?

En ce cas, le film a-t-il servi comme test d’opinion, grandeur nature, auprès de la population étasunienne ?

Où n’est ce qu’un excès de suffisance, d’absence d’éthique, de la part de la production qui a oublié les règles les plus élémentaires de l’investigation ?

Le temps nous donnera peut être la réponse, mais aujourd’hui la torture reste une grave violation des droits de l’Homme, un crime contre l’humanité, imprescriptible, et elle est inefficace sur le plan du renseignement.

Benoît Muracciole


[1] Voir The Terror Trade Time Amnesty International juin 2002 et http://consortiumnews.com/2013/01/16/the-depressing-zero-dark-thirty/

[4] Notamment « La Ligne Générale de Eisnstein, « Blood Of The Sun » de Frank Lloyd,  « Bon Voyage » et « Avenure Malgache » d’Alfred Hitchcock, « 49th Parallel » de Michael Powell…

[6] Technique de simulation de la noyade

[8] Prévus le 24 février prochain

[10] A part peut être la protection rapprochée de George W Bush et quelques fondamentalistes des services de sécurité étasuniens

[12] Dont John MacCain et Barak Obama pourtant farouche opposant à l’usage de la torture : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-04-19/barack-obama-interdit-la-torture-mais-entend-proteger-ceux-qui-l/1648/0/336193

[13] A noter que ce n’est plus tout à fait la même déclaration faite à John McCain en mai 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=-5g8MuPKECEhttp://www.aljazeera.com/news/americas/2013/02/20132431016830768.html.  A noter que « la Voix de la Russie » a compris exactement le contraire avec le titre : « Leon Panetta : Ben Laden a été localisé grâce à la torture » http://french.ruvr.ru/2013_02_04/Leon-Panetta-Ben-Laden-a-ete-localise-grace-a-la-torture/