Aujourd’hui la RDC fête ses 50 ans d’indépendance mais dans quel État ?

30 06 2010

Le 30 juin1960 le discours de Patrice Lumumba[1]devant le Parlement et le roi des Belges avait ouvert en grand l’espoir du peuple congolais.

En janvier 1961 il était assassiné et avec lui les espoirs de démocratie.

Aujourd’hui encore, ni la classe politique Congolaise, ni la Communauté internationale, ne sont parvenus à sortir de cette logique de destruction. Nous sommes dans une région du monde où il est encore possible, au XXI° siècle, d’accepter le massacre de la population sans mesures fortes pour l’arrêter. Malgré les nombreuses alertent des ONG des droits humains, malgré le courage des défenseurs Congolais qui ont payé de leur vie leur engagement, le peuple congolais continue de mourir dans le silence. L’International Rescue Committee (IRC) évalue à plus de 5,4 millions les morts directs et indirects du conflit depuis août 1998[2].

Il faut renforcer l’embargo sur les armes.

Dans cette situation Dantesque, les armes continuent d’affluer. En 2008, la communauté internationale n’a pas su renforcer l’embargo[3] sur les armes en  direction du gouvernement de la RDC. Pourtant de nombreux rapports[4] montrent que ces mêmes armes sont parfois vendues aux milices par les forces Congolaises… Quand elles ne sont pas responsables elles-mêmes, de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.

Il faut renforcer le contrôle de l’exploitation des ressources naturelles.

Il n’y a pas de guerre sans moteur pour alimenter la guerre et ce moteur s’appelle Coltan, Cassitérite, Bois, Diamant, Gaz, Pétrole[5]

Ce pays est un des plus riche du monde et pourrait être une locomotive pour le développement économique de la région et du continent tout entier. Au lieu de cela ce sont les affairistes et les pays du nord qui se nourrissent sur la bête. Pour mettre fin au pillage il faut renforcer le processus de Kimberley[6] et l’adapter à toutes les ressources naturelles.

Il faut renforcer la justice.

Dans quelle autre région du monde l’élimination des défenseurs des droits humains se fait une impunité quasi totale ? Quels sont les actes concrets du pouvoir Congolais dans la poursuite des responsables de la mort de Pascal Kabungulu, assassiné il y a cinq ans déjà ?  De la mort de Floribert Chebeya, assassiné ce mois juin ? Et combien d’autres familles meurtries qui attendent encore la justice ?

Il faut un traité international sur le commerce des armes[7] d’urgence pour que le rêve de Pascal Lumumba et des tous ceux qui ont donné leur vie pour ce pays puisse devenir réalité !


[1] http://droitsdelhommeauquotidien.blogspot.com/2010/05/extrait-du-discours-de-patrice-lumumba.html

[2] http://www.theirc.org/special-reports/congo-forgotten-crisis

[3] http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=16222&Cr=RDC&Cr1=Conseil

[4] http://www.un.org/french/sc/committees/1533/experts.shtml

[5] http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/conflit-grands-lacs/ressources-minieres-rdc.shtml

[6] http://www.kimberleyprocess.com/

[7] http://www.controlarms.org/fr/traite-sur-le-commerce-des-armes

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Assemblée Générale du Réseau d’Action International sur les Armes Légères (RAIAL) New York juin 2010

16 06 2010

Le RAIAL[1] a été créer il y a maintenant plus de 10 ans, il est présent dans 120 pays et se compose de plus de 800 ONG travaillant, notamment, dans le domaine des armes légères et de petits calibres (ALPC).

Ces ONG font le lien entre dissémination des ALPC et :

–       Droits humains,

–       Développement socio-économique, éducation, santé…

–       Droit international humanitaire, milices, groupes armés…

–       Violence des gang, crime organisé…

Elles sont engagées dans la mise en place du Programme d’Action sur les ALPC des Nations unies de 2001[2]. Cette première conférence de l’ONU rassemblait plus de 100 ONG qui venaient du monde entier et a permis de donner une formidable impulsion à la société civile pour lutter contre ce fléau qui mine les sociétés du monde entier.

Après ces années de fonctionnement, faites de bon et de moins bon, le RAIAL fait peau neuve. Sans véritable conseil d’administration depuis 2004, et avec quelques soucis de transparence et d’équilibre dans l’exercice du pouvoir, il était temps de mettre un peu de sens commun dans le fonctionnement du réseau.  Pour cela le RAIAL profite d’une évaluation du département développement du Ministère des Affaires Etrangères britannique pour repenser plus efficacement sa mission et son fonctionnement.

Voilà donc les grandes lignes de cette importante Assemblée Générale.

A) Deux « dispositifs » pour conduire le nouveau RAIAL :

La nécessité de former un véritable Conseil d’Administration qui s’occupera de l’aspect juridique, du financement et l’embauche du directeur. Ses membres seront nommés dans un premier temps, sur proposition des membres du réseau, pour 3 ans avec un maximum de 6 années de présence.

La création d’un Conseil Consultatif International qui aura pour tâche de travailler sur la stratégie, la mission politique et la médiation à l’intérieur du RAIAL. Ce conseil aura entre 15 et 20 membres, élus tous les deux ans, avec une présence maximum de 6 années. Il devra être composé avec équilibre, de toutes les régions du monde.

Les membres de ces deux entités seront co-optés puis ils laisseront leur place, dès l’année prochaine, à des personnes élues par le réseau.

B) Renouveler et renforcer l’esprit du RAIAL

L’idée maîtresse de cette Assemblée Générale est de remettre les membres au centre du réseau. Nous ne reviendrons pas sur l’impact de la violence des armes[3], tant direct qu’indirect, mais les petites ONG les affrontent au quotidien ont besoin de se sentir dans un même mouvement. Du Paraguay en passant par le Salvador, la République Démocratique du Congo, la Somalie, l’Inde et les Philippines, le Kosovo et le Kirghizstan… Le courage des femmes et des hommes engagés dans ce combat au jour le jour est stupéfiant et demande respect.

Il y a donc des obligations de résultat pour le nouveau Conseil d’Administration ainsi que pour le Conseil Consultatif International :

–       De faire remonter le travail des groupes thématiques,

–       De renforcer le travail de chacun sur le terrain

–       De trouver des équilibres entre les différents niveaux de  travail, international, régional et national

Benoît Muracciole


[1] http://www.iansa.org/index.htm

[2] http://www.un.org/french/Depts/dda/CAB/smallarms/

[3] http://www.gunpolicy.org/firearms/region





Inqualifiable assassinat de Floribert Chebeya dans la nuit du 1er au 2 juin 2010 à Kinshasa

4 06 2010

Floribert Chebeya directeur exécutif de la Voix des sans Voix pour les droits de l'homme





COLLECTIF DES ONGS DE DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME DE LA RD CONGO

4 06 2010

Nous publions dans son intégralité le texte des ONG Congolaises sur l’assassinat de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE. Si nous ne connaissons pas les circonstances précises de sa mort, elles reflètent malheureusement parfaitement la réalité de la menace quotidienne que font peser la violence des armes sur les défenseurs des droits humains du monde entier. C’est pour cela que nous rappelons l’urgence d’un traité international sur le commerce des armes. Nous exigeons des États le respect de leurs engagements dans la protection des droits humains. Pour cela chaque pays exportateur a le devoir de refuser toute exportation d’armes lorsqu’il y a un risque substantiel qu’elles soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains. Cette liste des armes doit être la plus complète possible pour être efficace et intégrer le matériel de sécurité et de police dont font partie les menottes utilisées contre Floribert.

ASSASSINAT IGNOBLE DANS LA FAMILLE DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Le Collectif des Ongs de défense des droits de l’Homme de la RD Congo a la profonde douleur d’annoncer à l’opinion tant nationale qu’internationale, l’assassinat de Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE, Directeur Exécutif de la Voix de Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), Secrétaire exécutif du Réseau National Des Ongs des Droits de l’Homme du Congo (RENADHOC) et Vice-président de l’Union Internationale des Droits de l’Homme pour l’Afrique centrale (UIDH), survenu dans la nuit du 1er au 2 juin 2010 à Kinshasa.

Pour rappel, Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE avait reçu en date du 1er juin 2010, aux environs de 11 heures un coup de fil d’un certain Monsieur Michel, non autrement identifié, l’invitant à se présenter à l’Inspection Générale de la Police Nationale Congolaise, sise dans la commune de Lingwala à Kinshasa/RDCongo, aux environs de 17 h 30, pour y rencontrer l’Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise, Monsieur John NUMBI BANZA NTAMBO qui l’y attendait.

Accompagné de Monsieur Fidèle BAZANA EDADI, membre et chauffeur de la VSV, Monsieur Floribert CHEBEYA s’est rendu audit rendez-vous aux environs de 16 h 00. A 16h56, il appellera son épouse pour confirmer qu’il était déjà au lieu du rendez-vous attendant d’être reçu par l’Inspecteur Général de la Police Nationale.

Dès lors, il va s’en suivre une série de SMS échangés avec son épouse dont un reçu à 19 h44, dans lequel il lui annonce : « Je n’ai pas pu rencontrer l’IG. Je crois qu’il est retenu quelque part. Je vais à l’UPN.» ; Message non signé contrairement à ses habitudes.

Le contact avec sa famille sera définitivement coupé après un dernier et curieux message à l’intention de sa fille aux environs de 21 h 11 à qui il répondait à sa demande de lui rapporter des saucisses : « Bien reçu, d’avance bon appétit. » Message une fois de plus non conforme à ses habitudes.

Rappelé à son téléphone à 21 h 15, Monsieur Floribert CHEBEYA ne décrochait plus, encore moins son chauffeur dont le téléphone était carrément fermé.

Tous ces échanges ont rajouté à l’inquiétude de son épouse qui ne reconnaissait pas dans ces différents messages le style de son époux habitué à rentrer directement à la maison après ses journées de travail. C’est ainsi qu’aux environs de minuit, elle alertera un de ses proches collaborateurs qui à son tour, va organiser les recherches en alertant les différents acteurs de la société civile et partenaires de la communauté internationale.

Au cours de ces recherches infructueuses des ONGs des droits de l’homme tout l’avant-midi du 02 juin 2010, la délégation des ONGs a été reçue par le Colonel Daniel MUKALAYI, Directeur des Renseignements à l’Inspection générale de la Police Nationale Congolaise, qui va confirmer la terrible information selon laquelle le véhicule de Monsieur Floribert CHEBEYA avait été retrouvé en fin d’avant-midi avec un corps inerte à son bord. Après identification du corps par la Police comme étant celui de Monsieur CHEBEYA, aux environs du quartier Mitendi sur la Nationale N°1 dans la commune de Mont-Ngafula, ceux-ci seront acheminés au Camp Lufungala avant que le corps ne soit transféré à la morgue de l’Hôpital Général de Kinshasa (ex-Mama Yemo) à 12 h 45’.

Selon les témoignages recueillis sur place, l’infortuné a été retrouvé tôt le matin sur la banquette arrière du véhicule, les mains menottées derrière le dos, le pantalon et le sous vêtement rabaissés sur les genoux.

A l’heure actuelle, le corps du Défunt se trouve à la morgue de l’hôpital général de Kinshasa tandis que son Chauffeur Monsieur Fidel BAZANA EDADI avec qui il était, demeure encore introuvable.

De tout ce qui précède, le collectif des Ongs de défense des droits de l’homme, dénonce l’assassinat ignoble de Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE, dans des circonstances non encore élucidée ainsi que la disparition de Monsieur Fidèle BAZANA EDADI.

Le Collectif des Ong de défense des droits de l’homme exige, par conséquent :

Aux autorités compétentes, notamment :

1. Le Président de la République :
– De se prononcer de manière claire et en public sur la situation d’insécurité organisée contre les Défenseurs de droits humains en RDCongo ;

2. Le Gouvernement de la République :
– D’intensifier des recherches pour retrouver Monsieur Fidèle BAZANA ADADI porté disparu en ce moment ;
– De mettre sur pied une Commission d’enquête mixte et impartiale, composée des inspecteurs de la Police Nationale Congolaise (PNC), des Défenseurs des droits de l’homme membres du Collectif, des représentants de la Communauté internationale, en vue de faire toute la lumière sur cet assassinat;

3. Le Pouvoir judiciaire :
– D’engager des poursuites pénales à l’encontre de toute personne impliquée dans cet assassinat ;

A la communauté internationale :

– De prendre au sérieux les menaces sérieuses et assassinats à répétition qui pèsent sur les défenseurs des droits de l’homme, y compris les et syndicalistes, et envisager les dispositions qui s’imposent afin d’y mettre définitivement un terme ;
– De s’impliquer activement afin que ce crime ne demeure impuni ;

A la Société civile :
– De se mobiliser et de rester vigilante dans une cohésion sans faille pour que de tels actes ne se reproduisent plus à l’avenir ;
– De rester serein et de doubler leur engagement pour tirer une fois pour toute le peuple congolais du bourbier dans lequel il est maintenu cinquante ans après l’accession du pays à la souveraineté nationale.

Au people congolais dans son ensemble :

– De considérer que cet énième assassinat à l’encontre de Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE porte un coup fatal à la démocratie recherchée de tout vœu.

Le programme des funérailles sera communiqué ultérieurement.

Fait à Kinshasa, le 02 juin 2010