Le lendemain du jour où les négociations à l’ONU du traité sur le commerce des armes ont été en danger

4 07 2012

Ambiance de crise à l’ONU. Photo Benoît Muracciole

Le lendemain du jour où les négociations à l’ONU du traité sur le commerce des armes ont été en danger

Ce matin mardi 3 juillet 2012, après une nuit agitée et quelques réactions désabusées de délégués sur les chances de voir les négociations sur le traité commencer, Ban Ki Moon introduit enfin Roberto Garcia Moritan comme le Président du processus. Des applaudissements mais une ambiance un peu particulière puisque nous ne savons toujours pas si les égyptiens ont fini par s’entendre sur la question palestinienne.

Mais quel est le problème ?

En bref et pour commencer ce premier acte est à lire dans un esprit de drame:

Les Egyptiens ont un peu pris les palestiniens en otages et demandent leur présence en tant que membre de l’ONU pendant les négociations. Cette demande, plutôt légitime, surprend car elle n’est pas franchement pertinente, dans un forum qui ne traite pas  de l’appartenance des Etats aux Nations unies. Cela ressemble à s’y méprendre à une tentative de ralentissement des négociations du premier outil de régulation de l’histoire des transferts d’armes classiques. Comme si les militaires égyptiens avaient confondu les enjeux intérieurs – le fait qu’ils devront petit à petit prendre la place qu’il convient aux militaires, dans une société égyptienne garante des droits de l’Homme – et les enjeux planétaires qui engagent les droits de la personne, pour  des centaines de millions de femmes, d’hommes et d’enfants.

Pourtant une partie de la population égyptienne, de la place Tahrir aux campagnes du Sud, appelle au contrôle des transferts de ces armes; armes qui ont blessé, voire tué la jeunesse égyptienne en quête de liberté et de respect.

Deuxième acte à lire dans un esprit d’espoir :

Mais déjà l’Egypte s’est mise en retrait. Peut être un signe de son nouveau président Mohamed Morsi, comme un message de responsabilité. Les palestiniens et les étasuniens avancent, et sortent la tête haute de cette confrontation: La conférence va pouvoir s’ouvrir….

Troisième acte à lire dans un esprit de comique léger :

Non car c’est maintenant le tour du Saint Siège de se cabrer…  D’un étonnant mouvement d’humeur le délégué du Vatican a failli faire douter quelques délégués de la force de l’esprit saint.

Quatrième acte, première partie, à lire dans un esprit de retour d’espoir :

La conférence est ouverte. Roberto Garcia Moritan va faire circuler un nouveau document qu’il se sent de partager avec les États membres, comme une pensée furtive de ce qu’il pourrait considérer comme une  contribution positive aux débats à venir, dans ce beau mois de juillet newyorkais.

Depuis les années 2006 ici à l’ONU, les États ont toujours fini par considérer leur responsabilité[1] dans ce processus, car dans ce monde en mouvement incessant dans les rapports de force, la responsabilité des États devient de plus en plus argument de crédibilité.

Il est bientôt 19h et Roberto Garcia Moritan remercie l’Ambassadeur Egyptien pour son aide dans la résolution du conflit, et nous donne rendez vous jeudi pour cause de 4 juillet à New York.

Benoît Muracciole

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[1] Même la Chine l’a compris quand elle accepte la Charte des Nations unies comme base des principes du futur TCA, leurs diplomates sachant parfaitement que son article 1° engage les Etats sur le respect des droits de l’Homme.

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