Dia de Reyes, une belle journée pour le Président Moritan

13 07 2011

Tangeante ONG photo Benoît Muracciole

Place maintenant aux plus sérieux des protagonistes de notre pièce de 5 jours, car malgré une bonne pointe d’humour de nos amis étasuniens ils ont été plutôt maigres dans la qualité de leur dialogue. La Norvège par contre se découvre avec l’été quelques bonnes idées sur le marquage des armes exportées et dans la conservation des données. Tiens c’est vrai que cela pourrait donner un bon petit élan d’efficacité dans le contrôle. Et si l’on se mettait à faire ce que l’on fait déjà pour la nourriture, marquer et suivre tranquillement la marchandise jusqu’à sa destination finale…  Le Canada, encore pris dans les glaces, annonce quelques répliques  que tout le monde a déjà oublié, dommage il fût un temps où il savait écrire fort de ses poètes de Leclerc, Félix pas le char, à Gilles Vigneault en passant par Robert Charlebois : « quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère, les soldats seront troubadour… »

Heureusement le Nigéria, profitant de la faiblesse momentanée de son partenaire canadien, attaque sur un solo de Feu Fela. Il charge même et demande de mettre les exportateurs et les importateurs au même niveau de responsabilité dans les autorisations de transferts d’armes classiques. Intéressant et cette musique a réveillé tout le monde.

La Nouvelle Zélande, elle qui est en pleine préparation de phase finale de coupe du monde de rugby, en profite, déborde sur un cadrage solide, pour réclamer une bonne et exhaustive définition des transferts. Les fondamentaux sont les fondamentaux, si l’on veut être efficace soyons précis dans ce que sont les exportations, le transit le transbordement etc… Pas question de laisser filer la coupe du monde.

Israël répète les transferts et puis s’en va. Le Venezuela qu’on attend sur la cumbia, le merengue et la salsa, se fait toujours attendre sur la cumbia, le merengue et la salsa. Les Philippines s’en sortent sans dire Adieux et les représentants du Conseil de l’UE, pour la première dans l’histoire du processus TCA à l’ONU, parlent maintenant au nom de l’UE, plus de place pour la Présidence polonaise.

La France rappelle en cinq points son solide engagement pour un TCA et répète son attachement à la criminalisation de la corruption et du blanchiment. N’oublions pas que ces deux maux gangrènent le commerce d’une manière quasi endémique[1]. La transparence venant là également comme un outil supplémentaire de lutte contre la corruption. Et puis, car nous sommes quand même le pays qui a vu naître le génie de Molière, Racine, Corneille et Pierre Dac, la France a appelé à un contrôle et une criminalisation du courtage. C’est courageux, car la Position commune de l’UE de 2003[2] n’est toujours pas transcrite en droit français et comme disait Francis Blanche: « Ne faites pas à autrui ce que vous pouvez faire le jour même ».

Mais l’information de la journée semble être l’adoubement de l’Ambassadeur Roberto Garcia Moritan comme Président des négociations jusqu’en 2012. La France, dans une déclaration au nom du P5 a soutenu et conforté la Présidence. Il y a eu  là quelque chose de profondément curieux dans cette déclaration que l’on attendait quand même un peu plus solide. Elle commençait presque  comme la confession ultime d’un personnage dépressif  Dostoïevskien mais pour finir sur une note que n’aurait pas refusé le personnage de Scapin.

Enfin, et comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, nous avons vu ressurgir avec délice, du coté des ONG, quelques dinosaures. Dans les premiers temps de la campagne en 2003, ils étaient de ceux qui défendaient une initiative, Britannique, de contrôle des transferts d’armes légères et de petit calibre. Celle ci promettait d’être aussi efficace que la banque mondiale l’est en matière de réduction de la pauvreté. Ils étaient, en leur temps, convaincus de l’impossible du traité sur le commerce des armes classiques. Les voilà maintenant de retour avec de belles intentions et nous leur souhaitons bonne chance. Nous nous ferons un plaisir de les aider à en comprendre les enjeux car comme disait encore Francis Blanche : « Je suis un non-violent : quand j’entends parler de revolver, je sors ma culture ».

Benoît Muracciole


[1] Lire Armes de corruption massives Secrets et combines des marchands de canons de Jean Guisnel La découverte

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