Guerre d’Irak entre 400 000 et 1 033 000 morts pour la démocratie et la Liberté ?

5 11 2010

 

Les trois études sérieuses sur les morts civiles iraquiennes, depuis le début de l’agression des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, ont été faites à partir d’entretiens réalisés par des chercheurs en Irak, auprès d’un nombre de foyers représentatifs de la population. Certaines zones n’ont pu être « sondées » pour des motifs de sécurité ou par l’absence d’autorisation des autorités. Les chiffres représentent des projections, à l’inverse de Irak Count Body, et il faudra  certainement attendre la paix pour connaître plus précisément ce que cette guerre illégale à « coûter » au peuple Iraquien.

La première étude est celle de l’Université de Bloomberg  School of Public Health Johns Hopkins de Baltimore et la School of Medicine Al Mustansiriya University[1] de Baghdad qui a travaillé en coopération avec le Center for International Studies Massachusetts Institute of Technology de Cambridge[2] publiée par « The Lancet »[3].

La recherche à été réalisée en deux temps :

La première tient compte de la mortalité due à la guerre entre mars 3003 et septembre 2004 et été publiée le 29 octobre 2004. Elle s’est faite sur le terrain et les enquêteurs ont interrogé  988 foyers représentatifs de la situation irakienne, répartis sur 33 régions représentants , après avoir exclu Fallujah. Elle conclu avec le chiffre de 98 000 morts.

La seconde tient compte de la mortalité due à la guerre entre mars 3003 et juillet 2006 pour un travail réalisé sur le terrain entre mai et juillet 2006. Les enquêteurs ont interrogé environ 1 800 foyers qui représentatifs de la situation irakienne. Elle a été publiée le 11 octobre 2006 et concluait avec le chiffre de 600 000 morts violentes, dont 56% de tirs de petites d’armes, 13% de voitures piégées, 14% d’autres types d’explosions, 13% attaques aériennes, 2% d’explosions et 2% de causes inconnues. Elle évalue à 53 000 morts en plus dues à une « autre cause ».

Le responsable de la cellule scientifique du Ministère de la Défense britannique a jugé la méthode de cette étude comme étant « proche des meilleurs pratiques ».

La deuxième étude a été réalisée par un institut de sondage membre du British Polling Council, Opinion Research Business[4] (ORB). Elle concerne la période de mars 2003 à 2008 et s’est également faite en deux temps :

La première en 2005, auprès de 4 050 foyers, et évalue à 1 220 000 morts depuis mars 2003 avec une marge d’erreur de 2,5%, entre 733 158 et1 446 063 morts.

La seconde en janvier, 2008, s’est faite avec 600 foyers supplémentaires dans la partie rurale de l’Irak. Elle a concerné 15 des 18 « Governorats » qui couvrent le pays – seul Karbala, Al Anbar et Irbil n’ont pu être sondé.  Les résultats dépassent ceux publiés par « The Lancet » avec environ 1 033 000 morts, dont 48% suite à des tirs de petites d’armes, 20% d’explosions de voitures, 9% d’attaques aériennes 6% d’accidents et encore 6% d’explosions diverses

La troisième étude a été faite par l’Iraq Family Health Survey Study Group[5] (IFHSG), entre 2006 et 2007. Les enquêteurs du Ministère de la santé se sont rendus dans les 18 « Governorats » et ont  interrogé 9 543 foyers représentatifs de la situation iraquienne.  C’est cette fois le « New England journal of Medicine » qui en a publié les résultats  en janvier 2008 et qui porte également sur la période entre mars 2003 et juin 2006. Les conclusions sont en dessous de celles publiées par l’Université de Bloomberg  School of Public Health Johns Hopkins de Baltimore et la School of Medicine Al Mustansiriya University de Baghdad ainsi que celle de l’ORB. IFHSG avance le chiffre de 155 000 morts violentes mais reconnaît un taux de mortalité « autre que violente » d’environ 60%, donc en très forte augmentation.

Les pressions subies par l’IFHSG par l’administration Bush peuvent expliquer ce chiffre à la baisse. Mais Les Roberts[6], chercheur à l’université de Columbia et co-auteur de l’article de « The Lancet », remarque que le différentiel entre les deux études concerne le pourcentage de morts violentes. Les deux études montrant, en effet, une augmentation de la mortalité de 600 000 pour la première et de 400 000 pour la seconde, depuis mars 2003.

Quant à l’étude de l’ORB, elle n’a eu que peu d’échos médiatiques, mais on peut aisément imaginer que la puissance de désinformation étasunienne a été mobilisée[7] pour cela.

Même s’il est juste de considérer ces projections avec prudence, les résultats de ces études montrent qu’il ne fait pas bon être « sauvé » par les forces de la démocratie et de la liberté. Une guerre illégale reste une guerre illégale et il faudra bien créer un jour une instance juridique internationale pour rendre justice aux populations civiles assassinées.

Benoît Muracciole

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